Innover sur demande : Le leadership virtuel

Le télétravail. Certains ministères l'approuvent fortement, tandis que d'autres ne l'ont étudié que sous des directives limitées et strictes. Cet épisode d'Innover sur demande présente Simon Gascon, directeur de la recherche en informatique à Emploi et Développement social Canada, et son expérience en tant que leader virtuel au sein du gouvernement du Canada.

Durée : 52:11

Transcription

Innover sur demande : Réglementer l'intelligence artificielle

TODD
Je suis Todd Lyons.

NATALIE
Je suis Natalie Crandall.

VALERIA
Je suis Valeria Sosa.

SIMON
Et je suis Simon Gascon.

TODD
Et voici le balado Innover sur demande.

Le télétravail demeure une question litigieuse dans la fonction publique. Quelques groupes l'utilisent beaucoup. D'autres le permettent uniquement dans quelques circonstances et pour des périodes limitées, exigent des preuves de nécessité pour prolonger cette disposition parce qu'après tout, comment pouvez-vous gérer des gens que vous ne voyez pas? Et comment un gestionnaire peut-il même penser à faire du télétravail? C'est ce que nous allons voir.

VALERIA 
Bienvenue Simon. Je suis très contente de te voir. Parle-nous donc un peu de toi.

SIMON 
Bien, je suis simplement Simon et je travaille pour le gouvernement fédéral depuis 20 ans. Et je travaille de Mont-Tremblant à temps plein.

VALERIA 
Très bien, très bien. Peux-tu nous dire comment cela s'est produit?

SIMON 
Eh bien, bref, un peu comme tout le monde, j'avais une vie un peu trépidante et jusque-là, je faisais carrière avec plaisir au sein de la fonction publique. Puis j'ai atteint le niveau de directeur général par intérim au niveau EX-3. J'avais les qualifications nécessaires pour être inscrit dans les bassins. Puis, après quelques mois de travail, peut-être six ou sept, j'ai discuté avec mon SMA... un chic type, et il m'a demandé comment ça se passait pour moi. Je lui ai répondu, en fait, je n'aime vraiment pas ce que je fais. Je ne m'amuse pas vraiment présentement. J'ai de jeunes enfants.

Et au moment où je travaillais pour lui, nous avions fourni des statistiques concernant les travailleurs mobiles et le télétravail, et nous nous sommes dit : « mon Dieu, les chiffres sont faibles dans la RCN ». J'y ai vu une bonne occasion. J'en ai parlé à ma femme. Elle m'a dit que c'était une très bonne idée de déménager à Mont-Tremblant de façon permanente puisque, croyez-moi, depuis cinq ans nous y avions un petit condo sur la montagne où nous allions skier. Et les dimanches soirs, vous n'avez aucune idée de ce à quoi je pensais. Je me disais que ce serait une excellente idée d'y déménager pour y vivre en permanence. Nous avons tous deux parlé avec les membres de notre haute direction. J'étais prêt à être rétrogradé pour pouvoir le faire. Donc au début, il croyait que je plaisantais. Il a dit : « Simon, tu es drôle Simon, toujours le mot pour rire. » - « Non, ce n'est pas une blague. Je veux vraiment le faire. » Puis il est devenu très favorable à l'idée, puis c'est devenu un peu plus compliqué. Mais au bout du compte, je vis à Mont-Tremblant à temps plein maintenant et je savoure chaque instant de cette nouvelle vie.

VALERIA 
Nous devons te demander ce que tu veux dire par « un peu plus compliqué »? [Rires]

NATALIE 
Je ne vous mentirai pas, je suis curieuse de le savoir moi aussi. [Rires]

SIMON 
Eh bien, c'est simplement devenu plus compliqué puisque j'étais EX-3 par intérim, j'étais inscrit dans les bassins, je pensais que je voulais être nommé. Et...

VALERIA 
C'était en quelle année, question de contexte?

SIMON 
C'était il y a environ un an et demi, en janvier 2018, je crois, c'est à peu près ça. Il s'est montré très favorable. Le sous-ministre de ma femme s'est aussi montré très favorable à l'idée. Et elle travaille pour le Bureau du Conseil privé. Quoi? Quelqu'un fait du télétravail pour le Bureau du Conseil privé? Cela existe réellement, oui. Mais quand vient le temps d'approuver quelque chose dans mon ministère, nous sommes très bons pour compliquer les choses, surtout les approbations. Alors devant le comité exécutif de gestion, il y a eu une longue discussion ardue sur la question de donner ou non la possibilité aux directeurs de faire du télétravail à temps plein. Puis une décision est tombée, une décision unilatérale : la réponse était non.

VALERIA 
C'était seulement dans ton ministère?

SIMON 
Oui, dans mon ministère. Alors j'ai accepté une rétrogradation sur une base volontaire, ce que les gens ont qualifié de folie. Mais, pour ceux qui me suivent sur Facebook ou Instagram, ils voient que c'est la meilleure chose qui me soit arrivée depuis belle lurette. Je suis très heureux de ce que je vis en ce moment. Oui, c'était compliqué. Mon SMA se sentait plutôt mal puisqu'il était très favorable au télétravail à mon niveau. Mais, malheureusement, nous avons dû procéder à une rétrogradation. Il se sentait très mal à ce sujet. Pas moi. J'étais prêt à le faire.

VALERIA 
Combien de temps le processus a-t-il duré?

SIMON 
Eh bien, pour être honnête, ça n'a pas été très long. Nous n'avions qu'à passer au travers des propositions. Et tout au long du processus, je savais que j'avais son soutien. Je savais que j'avançais dans la bonne direction. Alors j'ai continué à faire ce que je devais faire. J'ai vendu ma maison. C'est arrivé un peu plus rapidement que je ne le croyais. C'est ce qui est arrivé, et par la suite nous construisions une maison à Mont-Tremblant. Et en ce qui concerne notre condo, il est d'environ 500 pieds carrés.

NATALIE 
Et combien de jeunes enfants disais-tu avoir?

SIMON 
Deux enfants et un vieux chien boxer. Donc, quatre d'entre nous dans un logement avec une chambre à coucher et une salle de bain à temps plein, puisque les enfants commençaient l'école en août à Tremblant et nous emménagions dans notre maison en décembre. Alors pendant quelques mois, ma femme et moi mangions à chaque extrémité de notre minuscule table de cuisine. C'était notre environnement de télétravail et...

VALERIA 
Les yeux rivés sur la cible. Les yeux rivés sur la cible. [Rires]

SIMON 
Eh bien, ce qu'il y avait de drôle c'est que nous étions constamment en téléconférence ou en vidéoconférence. Alors, nous nous regardions et nous demandions : « avec qui es-tu en vidéoconférence? » - « Alors, d'accord, d'accord, je vais aller dans la chambre à coucher. » Alors, nous changions de pièce ou allions sur la terrasse ou ailleurs, et ça fonctionnait.

NATALIE 
Bien, c'est drôle, vous partagez un espace à peine plus grand que la plupart des gens partagent avec un collègue de bureau.

SIMON 
Sauf que lorsque vous avez un vieux chien boxer couché sur la table qui a des problèmes de digestion, vous réalisez que...

VALERIA 
Alors, parlons donc des hauts et des bas de la mobilité. Et je crois que tu es un champion de la mobilité à présent.

SIMON 
Disons que je ne suis pas certain d'être champion, mais je peux être un bon porte-parole. On peut dire que mon équipe entière est extrêmement mobile. Vous m'avez vu arriver. Je suis arrivé un peu en avance, je me suis enfermé. Je peux travailler de n'importe où. En chemin, j'étais en pleine téléconférence dans ma voiture. Il n'y a donc aucune limite sur ma manière de travailler quotidiennement, peu importe quand je dois le faire. Alors au départ, c'était un peu dérangeant. J'ai eu toutes sortes de conversations avec diverses personnes, du genre : « Simon, tu vas te sentir seul, tu vas te sentir isolé, tu ne feras plus partie de la culture du bureau. » Mais l'un des directeurs généraux avec qui je travaille aujourd'hui, il dirait lui-même qu'il est un peu un dinosaure. Il est de la vieille école. Et il m'a dit, au début : « je ne croyais pas que tu allais y arriver ». Mais, il m'a dit : « je te vois plus souvent que jamais par vidéoconférence et par téléconférence et tout le reste, et je sens que tu es vraiment présent. » Puis il a ajouté : « je suis très impressionné parce que je n'y croyais pas, mais ça fonctionne. Et ça fonctionne très, très bien. » En voilà un de converti, il en reste quelques-uns à convaincre.

VALERIA 
Oui. Quelques centaines de milliers de plus!

NATALIE 
Selon toi, en ce qui concerne le processus d'obtention des approbations, quel est le plus grand obstacle? Ça me brise le cœur que tu aies eu à être rétrogradé pour y arriver. Je suis certaine que ce ne sera pas une situation permanente pour toi, ça va s'arranger. Mais nous devons briser et changer cette culture qui entoure la mobilité et tout ce qui y touche. Et si tu repenses à tout cela, quel est selon toi le plus grand obstacle à affronter? La confiance?

SIMON
Oh, bien, pas nécessairement. Pour être honnête, le plus grand obstacle, je crois, est le manque de sensibilisation. Je ne pense pas que les gens savent de quoi il en retourne. Puis nous commençons à tenir de plus en plus de conversations. En fait, beaucoup de gens se rapprochent. Nous nous rendons très faciles d'approche pour discuter du sujet. Voilà l'une des raisons pour lesquelles je suis avec vous aujourd'hui. Mais, je trouve très intéressant de découvrir comment certaines personnes voient certains problèmes. Je vous donne un exemple.

Une bonne partie de la haute direction ne croit pas au télétravail ou au travail mobile. Ils ne pensent pas que cela fonctionne. Ils ne croient pas que cela fonctionne, surtout pour les fonctions de direction : « Oh, mon Dieu, c'est interdit. » Bon. Puis vous leur demandez : « mais pourquoi? »

Et ils répondent : « bien, c'est impossible. Je ne serai pas en mesure de voir mes collègues. La présence que mon leadership apporte au milieu de travail est un symbole de la rigueur de la direction : être présent en situation de crise. »

Alors, on y pense. D'accord, c'est bien. – « Et avez-vous des collègues en région ou des employés en région? »

- « Oh, ouais. »

- « Comment cela fonctionne-t-il? »

- « Super bien! Nous avons la technologie, nous les voyons souvent. Cela fonctionne très bien. »

- « Et ils vous rendent des comptes? »

- « Oui. »

- « Alors, ça fonctionne? »

- « Oui. »

Puis ils réfléchissent à la partie « se voir » de la supervision. Je suis certain que la secrétaire arrive au bureau en se disant : « Hé, je me demande si le directeur de l'école travaille en ce moment? » Parce que vous pouvez le voir!

NATALIE 
Bien sûr. Je me demande s'il n'est pas en pyjama en train de regarder un film sur Netflix.

SIMON 
Absolument. Absolument. Mais, il m'arrive de travailler en pyjama. Non, je rigole. Je prends le temps de m'habiller le matin. Mais sérieusement, on nous nourrit de ces paradigmes tous les jours. Mais en ce qui concerne la présence du leadership, la culture et la dynamique de groupe, bien, tout cela change et se transforme et devient une culture virtuelle de leadership. Le fait est que je suis en ligne pratiquement chaque jour, vous pouvez en être certain, de 8 h 30 à 17 h ou 17 h 30. Je serai là. Alors je travaille, je réponds, j'approuve, je commente. La vitesse à laquelle j'accomplis le travail a des effets sur la vitesse de l'équipe.

Et s'il y a une crise au travail? Eh bien, mon équipe n'est pas au bureau, elle est partout, la probabilité d'une crise au travail est nulle. Les crises, priorités, sur lesquelles nous devons travailler, celles que nous voyons souvent, nous travaillons dessus et nous pouvons le faire très rapidement. Et alors, les gens disent : « mais Simon, c'est plus compliqué quand les personnes sont à distance. » Ah oui, vraiment? L'autre fois, j'ai essayé de tenir une réunion de comité ministériel dans une salle de conférence, la plupart des gens sont arrivés en retard à cause des bouchons, puis ils ont dû passer la sécurité, et puis, et puis, tout un chacun a des excuses. À l'opposé, je prépare une téléconférence WebEx en deux secondes et c'est parti, je peux tenir une réunion, une réunion interministérielle en moins de deux ou trois minutes. Ce sont des problèmes comparables. Ouais, mais qu'en est-il des problèmes de réseau? Eh bien, c'est la même chose que les problèmes de bouchon et de déplacement, de sécurité et tout le reste. Alors, quand on y pense, on commence à démystifier l'essence du sujet.

Pensez à tous les SMA régionaux que l'on connaît et qui existent. Leurs patrons sont à Ottawa. Et dès que le patron n'est pas dans le même bâtiment, ou la même ville, si la relation fonctionne et que vous avez confiance que l'employé sera efficace et qu'il travaille, que ce soit au bureau ou la maison, quelle est la différence? Parce que, si vous n'êtes pas dans le même bâtiment ou la même ville, vous allez communiquer avec lui par courriel, texto, message instantané ou par vidéoconférence. Alors, quelle est la différence? Alors l'argument, devient : « ouais, mais vous allez créer un précédent et tout le monde voudra faire de même. »

Voilà quelque chose qui me fait rire parce que j'aime provoquer quelquefois et j'aime les gens des RH, mais je pense que le BDPRH n'est pas à la fine pointe de ce mouvement qui survient et qui est plutôt dirigé par les initiatives en milieu de travail moderne de SPAC et Au-delà de 2020 et du BCP. Et je souhaite vraiment que le BDPRH décide de se joindre à la partie avec nous. Mais, je regardais les diverses politiques que nous avons sur le travail mobile et le télétravail, et le simple fait que nous en parlions démontre qu'il n'est toujours pas acquis, qu'il est plus productif et plus flexible, et qu'il est plus facile de recruter, maintenir en poste et conserver les employés de cette manière.

De toute façon, je lisais quelques-unes des politiques dont j'ai parlé à quelques collègues des RH, qui soit dit en passant sont fantastiques, et ils ont pris le document. Alors, je les ai regardés et j'ai dit : « je lisais votre politique et oui, le télétravail devrait être approuvé par la direction. Mais, si votre productivité diminue, la politique fera en sorte que le télétravail sera la première chose à disparaître. »

- « Oh, tout à fait. »

- « Bon. Donc, si je comprends bien, si votre rendement diminue, le premier niveau de pénalité est de vous ramener au bureau. Donc, retourner au bureau est une punition? » Ils n'étaient pas... Ils...

NATALIE 
J'ai eu quelques conversations semblables auparavant. Je connais très bien l'expression sur ton visage.

SIMON 
Ils ne savaient pas très bien quoi répondre à celle-là. Dès lors, la conversation s'est tournée vers des phrases comme « ne me dites pas quelles sont les conditions à remplir pour faire du télétravail. » Si j'avais été un peu plus provocant, je dirais que si votre travail se déroule devant un ordinateur ou en réunion à 99 %, vous pouvez sans doute faire du télétravail. Vous devriez; vous seriez plus productif. Nous voyons quelques SMA – SPAC mène la charge à cet égard – et quelques-uns de leurs SMA font du télétravail chaque semaine, un ou deux jours par semaine. En fin de compte, cela entraîne une plus grande productivité. Ce n'est pas plus compliqué que cela. Donc, nous avons une approche un peu vieillotte du travail mobile, du travail et de tout le reste.

Une autre chose, avec mes collègues de la finance, nous avons mis en place un milieu de travail basé sur les activités. Donc, une meilleure configuration pour la collaboration et les nouvelles technologies. Ça a vraiment fière allure. Ils me disaient que quelqu'un qui est mobile et qui n'a pas de bureau fixe coûte environ 8 000 $ par année. Dans un milieu de travail basé sur l'activité, il est prouvé qu'en tout temps, 30 % des bureaux sont vides. Peut-être même jusqu'à 40 % selon le secteur. Alors, techniquement, nous avons adopté une approche conservatrice, plutôt que 100 employés pour 100 bureaux, nous avons assigné 120 employés à 100 bureaux. Cela fonctionne parfaitement. En fait, les gens adorent cela. Ils ne veulent pas retourner à l'ancienne configuration de ferme d'isoloirs et tout le reste, puis je suis allé un peu plus loin. J'ai dit, bon, si vous travaillez à partir du milieu de travail basé sur les activités, peut-être que vous y êtes pour les réunions ou pour d'autres bonnes raisons pour lesquelles vous pensez devoir y venir, ou encore vous êtes le genre de personne qui aime être au bureau 1, 2, 3 ou 4 jours par semaine, peu importe, c'est correct. Le reste du temps, vous pouvez travailler de la maison. Alors, nous parlions de cela et je reviens à la fantastique politique de télétravail mobile ou ce qu'on appelle « régime de travail non conventionnel », je crois, et si vous êtes assignés à un bureau central et que l'on vous demande de vous y rendre, votre déplacement n'est pas payé. Votre stationnement n'est pas payé parce qu'il s'agit de votre bureau d'attache. C'est le bureau de communication auquel vous êtes rattaché. Alors...

NATALIE 
Voilà un autre moyen de dissuasion pour quiconque souhaite se rendre au bureau.

SIMON 
Eh bien, je travaille de la maison à temps plein. Alors techniquement, je fais économiser 8 000 $ par année au gouvernement parce que je suis entièrement équipé à la maison. Mais mes collègues qui travaillent à l'extérieur pour un bureau situé de l'autre côté d'Ottawa, dans le secteur ouest, si on demande à l'un d'eux de se rendre au bureau, le stationnement sera probablement payé. Pas pour nous, pas pour les travailleurs mobiles. Et nous sommes toujours en train de travailler. On peut toujours communiquer avec moi. Mon SMA sait qu'il peut me joindre à tout moment. Si c'est hors des heures de bureau, il suffit de m'envoyer un gazouillis et je répondrai. C'est ce genre de chose qui fait que nous sommes toujours dans la vieille école de pensée, le vieux changement de paradigme.

NATALIE 
J'allais dire, je suis d'accord, je crois que l'une des choses fondamentales que nous devons accomplir pour embrasser ce changement de culture est de commencer à le vivre. Je ne veux même pas parler des raisons pour lesquelles la mobilité ou le télétravail est important. Pour moi, c'est impératif. Et si nous ne l'avons pas, je crois que si on engage un gestionnaire, vous devriez expliquer pourquoi quelqu'un ne peut pas faire de télétravail afin d'expliquer pourquoi un autre peut, ou expliquer pourquoi il ne peut pas bénéficier d'un régime de travail non conventionnel, s'il n'y a pas d'exigence de travail ou professionnelle qui l'explique. Je crois que cela fait partie du changement de culture dont nous avons désespérément besoin au gouvernement fédéral.

La question que je poserais est donc : « En fonction de votre expérience, croyez-vous que le changement de culture serait plus possible si le mouvement provenait des employés qui diraient : "voilà ce pour quoi je travaille et c'est le type d'emploi que j'accepte?" Ou cela devrait-il provenir de la direction dans un modèle de leadership de haut en bas? » De toute évidence, je sais que faire les deux serait préférable. Mais je me demande simplement quelle est selon vous la manière la plus efficace à l'heure actuelle. Personnellement, depuis mon retour de congé de maternité du gouvernement fédéral en 2015, je n'ai pas eu d'emploi qui ne m'a pas offert de régime de travail non conventionnel. Je ne choisis pas le télétravail à temps plein, mais j'en fais un peu et mon horaire de travail est flexible chaque semaine. 

SIMON 
C'est génial. Je crois que c'est un peu des deux. Aucun projet ne se réalisera sans le bon commanditaire, sans la visibilité appropriée de la haute direction et son implication. Et trop souvent, notre communauté de cadres intermédiaires tend à être pointée du doigt comme celle qui résiste parce que nous avons approuvé les bonnes politiques et tout a été bien fait. Donc, si ça ne fonctionne pas, c'est probablement parce que les superviseurs ne le permettent pas. Eh bien, ce n'est pas vrai. C'est une question de culture. Et, lorsque vous déclarez de manière unilatérale que les cadres ne peuvent pas faire de télétravail... sur quoi vous basez-vous?

NATALIE 
Et alors, vous dites à tous ces gens qu'ils sont les gardiens des politiques. Ils ne le sont pas, ce ne sont pas les surveillants.

SIMON 
Eh bien, c'est ça le problème. Et je crois qu'il y a un mouvement de masse en ce moment où les nouveaux employés, ou les employés dynamiques qui connaissent leur valeur sur le marché, dans la fonction publique ou même ailleurs... le demanderont. Je pense que ça aide énormément aussi. Maintenant, en ce qui concerne le changement de culture, il reste encore beaucoup à accomplir.

Par exemple, je ne sais pas si vous avez entendu parler d'Olivia Neal. Elle vient du Royaume-Uni. Donc, Olivia Neal regardait le tout et au R.-U., ils sont un peu en avance sur nous en ce qui concerne les milieux de travail basés sur l'activité et sur la façon de faire les choses, et elle observait différents bureaux. Et elle a remarqué qu'un gestionnaire avait une armoire légèrement plus grande que l'employé et que le directeur ou les cadres supérieurs avaient une armoire encore plus grande. Et elle a dit avec un très joli accent anglais : « voilà ce à quoi nous en sommes arrivés? Seule la taille de l'armoire compte? » Je crois qu'elle a tapé dans le mille. Les gens accrochent sur ce genre de trucs. J'ai entendu un SMA dire qu'il n'allait pas faire comme le SMA de SPAC responsable de la modernisation du milieu de travail et abandonner son bureau prestigieux : « J'ai travaillé toute ma carrière pour le mériter. » D'accord, je comprends. Je comprends la culture, les paradigmes, mais en même temps, il n'est pas nécessaire d'aller unilatéralement dans une direction en particulier. Ouais, je crois que la question ne consiste qu'à habiliter et à permettre.

D'un autre côté maintenant. Nous avons donc parlé du parrainage de la haute direction, je crois que c'est important. Je crois qu'il y a un mouvement de masse. De plus en plus d'employés le demandent. Et croyez-moi, je dis à tout le monde : « l'as-tu au moins demandé? » Et souvent, je dis aux employés, c'est de ta faute. Si tu n'as pas demandé, ne jette pas le blâme sur tes gestionnaires. Tu n'as même pas demandé. Voilà l'autre côté.

Et un troisième côté, eh bien, les mouvements politiques que nous avons vus, lorsque nous avons réduit, réduit la taille de la fonction publique et qu'après nous avons commencé à la faire grandir, mais que les édifices avaient été vendus, nous manquions d'espace. Donc, ces statistiques sur le milieu de travail axé sur les activités sont devenues, soudainement, très intéressantes et importantes. Les économies de coûts aussi sont un moteur important. Mais nous manquons également d'espace. Et c'est une des choses qui sont très importantes pour pousser plus loin les aspects de mobilité du travail.

Le dernier point dont nous ne parlons pas assez souvent, et cela me rend complètement fou et je crois que cela démontre un peu la vision limitée ou le positionnement stratégique du gouvernement du Canada dans son ensemble, c'est que nous sommes le gouvernement du Canada. Nous devrions être bien représentés d'un bout à l'autre du pays. Nous sommes, en quelque sorte, comme de grands bureaux dans les villes importantes. Mais je ne le dirai jamais assez, l'idée d'avoir des hauts fonctionnaires publics assis dans des endroits où habituellement les services publics sont introuvables... la fonction publique fédérale, introuvable. Être capable de représenter le pays, les intérêts du pays, et de parler de ce que nous faisons au gouvernement. Expliquer la situation aux gens. Beaucoup de personnes ne comprennent pas la complexité que nous affrontons lorsque survient un petit problème. C'est un problème qui entraîne des répercussions partout au pays. Bon, d'accord, bon, cela va des enjeux linguistiques aux enjeux sociaux, aux enjeux des Autochtones, ou bien les grandes villes comparées aux régions et tout le reste, alors vous avez au moins cette capacité d'avoir des points de vue différents sur ce qui arrive. Et je ne compte plus le nombre de fois où les gens nous remercient et apprécient le fait que le gouvernement fédéral fait des choses incroyables. Mais c'est compliqué, c'est énorme, nous sommes le plus grand employeur. D'accord, oui, cela joue un grand rôle.

Et par-dessus tout, si vous y pensez, donc, je suis à Mont-Tremblant, d'accord. Tout le monde se dit : « oh, Mont-Tremblant, Mont-Tremblant, Mont-Tremblant, c'est la montagne avec le château à Mario Lemieux, qui est à vendre pour 22 millions », en passant Todd, si tu cherches un petit chalet. Mais vous savez, tout le monde pense cela du Mont-Tremblant, mais Mont-Tremblant vit de l'industrie touristique. Il y a la ville en tant que telle, la ville de Mont-Tremblant, et Saint-Jovite, qui sont en fait des villes à faible revenu. Le revenu familial moyen y est plus bas que dans le reste du Canada. Sur une échelle de 1 à 10, où 10 est pauvre, l'école primaire de mes enfants se situe à 7. Les gens ne comprennent pas ce qu'est réellement Tremblant, ou les coulisses de Tremblant si vous voulez. Si vous pensez à deux hauts fonctionnaires de la fonction publique travaillant à Mont-Tremblant ayant des salaires de la fonction publique et les avantages sociaux, la richesse que nous amenons à la communauté, que ce soit parce que ma femme dépense trop d'argent ou le fait que, vous savez, nous sommes engagés dans...

NATALIE 
Je vais lui dire que tu as dit cela. [Rires]

SIMON 
Pouvez-vous couper cette partie au montage? Oups!

TODD 
Cela restera aussi dans l'émission. [Rires]

SIMON 
Mais, quand on y pense, nous sommes aussi très engagés dans notre communauté et vous savez, nous sommes très heureux, vous savez, d'apporter notre soutien. Donc, l'incidence, l'incidence économique, l'incidence sociale découlant du fait de permettre à des personnes de travailler et de retourner dans leurs communautés afin d'y travailler pour le gouvernement fédéral.

Je ne comprends pas pourquoi cette vision n'est pas plus partagée ni comment y parvenir. Vous n'avez pas besoin de grands bureaux. Il y a un bureau de Services Canada à Sainte-Agathe à environ 20-25 minutes de chez moi. Pourquoi ne pourrais-je pas y être hébergé quand j'en ai besoin? Nous ne sommes pas encore structurés de cette façon, mais SPAC pousse dans cette direction.

VALERIA 
Nous y arrivons. Quelques-uns le sont déjà ici. Des sites de travail partagé.

SIMON 
Les 5 sites de travail partagé.

NATALIE 
Il n'y en a pas encore qui sont ouverts à Mont-Tremblant toutefois. Je vais confirmer l'information.

SIMON 
Je travaille toutefois dans ce sens, croyez-moi. L'autre chose qu'il faut réaliser, Todd, je ne sais pas si tu connais un micro Bluetooth qui permettrait de couper le son du vent pendant que je suis en ski.

TODD 
Je travaille sur un budget serré pour l'instant, mais je peux jeter un coup d'œil là-dessus.

SIMON 
De toute façon, vous voyez où je veux en venir. Le pouvoir de représentation du gouvernement du Canada, dans les plus petites communautés, où nous n'avons pas de bureau habituellement ni aucun service du gouvernement fédéral, mais le fait d'avoir des fonctionnaires engagés dans ces communautés, je pense, procure des avantages importants.

NATALIE 
Tout d'abord, nous limitons nos bassins de talents aux personnes qui sont prêtes à venir vivre dans les grandes villes et capables de le faire. Deuxièmement, j'ai lu dernièrement la publication d'un collègue, mon ancien collègue, Frank Assu, qui a fondé FlexGC, et il parlait de la mobilité en ce qui a trait au calendrier de réconciliation. Je dis simplement, par exemple, un de nos citoyens autochtones serait plus susceptible de venir et travailler pour le gouvernement fédéral et y faire carrière s'il avait davantage d'occasions de télétravail, et il n'aurait pas à quitter sa maison.

SIMON 
Nous sommes chanceux où je travaille parce que nous avons une haute direction visionnaire dans ma direction générale, et cela a commencé il y a quelques années. Nous sommes très fiers d'être un organisme présent partout au pays. Les gens travaillent de n'importe quel endroit. Ils doivent avoir des liens avec une ville pour des raisons politiques, mais ils peuvent travailler de n'importe quel endroit. En plus, nous avons l'un de nos dirigeants principaux de la direction générale qui vit dans une réserve. Ses contacts dans la communauté fracassent des records. Il est très engagé et il aime la vie qu'il mène. À un moment donné, il en a simplement parlé et on lui en a donné la possibilité. Et il a fait affaire avec un grand dirigeant de sa communauté qui détenait un bon leadership, et il a organisé des activités pour les filles de sa communauté sur les réserves. Et vous savez, les enfants engagés dans les écoles primaires ont parlé du gouvernement fédéral, des programmes d'emploi pour étudiants et de tous les autres types de programmes destinés à aider les gens de ces communautés à trouver un emploi. Mais vous savez, le gouvernement fédéral a fourni de l'argent pour ces programmes, mais il n'embauchait pas de gens parmi eux. Nous parlons des gens qui ne font pas de liens, mais ce gars-là en a fait. Et tout à coup, vous avez tous ces gens qui arrivent, fiers de l'endroit d'où ils viennent et qui retournent dans leurs communautés en disant, je travaille d'ici pour le gouvernement fédéral, de n'importe quel endroit au Canada. Imaginez l'influence qu'ont ces femmes, ces hommes et ces jeunes sur la perception locale des occasions d'emploi, de croissance et de développement. Et de ce point de vue, le travail mobile, parce que bien entendu, les gens m'associent au télétravail, mais ce n'en est pas. Je travaille de la maison, la plupart du temps, mais je travaille de n'importe quel autre endroit aussi très souvent. Mais pensez à l'influence de tout cela sur notre pays. Je trouve cela absolument fantastique. Et pensez aux personnes qui ont une grande famille, qui ont des enfants, et à tout le reste. L'un de mes repas préférés de la journée est le déjeuner. L'année dernière, je prenais mon déjeuner sur le coin, vous savez, sur le coin de la table en criant : « habille-toi », « tu es où, dépêche-toi! ». Puis, vous savez, vous faites monter les enfants dans l'autobus jaune et vous attendez qu'ils partent. Puis, vous vous précipitez au travail. Et le déjeuner? Aujourd'hui? Je déjeune avec mes enfants et ils partent à 7 h 5. Voyez-vous, je vais les porter. Je reviens à la maison. Il est 7 h 7. Qu'est-ce que je fais jusqu'à 8 h 30 avant de me connecter? Je peux lire, écouter les nouvelles. Nous avons acheté une machine à expresso. Je peux boire mon café dans une tasse à café normale, sans verre à emporter ni dispositif mobile. Par exemple, en céramique...

VALERIA 
Vous abordez également la question de l'empreinte écologique.

SIMON 
Bien sûr. J'ai circulé sur l'autoroute 417 ces trois derniers jours puisque j'étais en ville pour une formation, et je suis venu vous voir, puis j'irai à Stratosphère, une activité de réseautage. Que font tous ces gens? Vous savez, ils sont dans leur voiture. Ils ont l'air stressés. Ils ont l'air agacés. Ça pollue. Ils sont déjà mécontents.

VALERIA 
Je dois dire que je fais du télétravail depuis un certain temps déjà, deux ou trois jours par semaine. Et j'adore cela. J'adore cela parce que pour moi, c'est le temps, la valeur du temps. Je ne perds pas une heure à me déplacer et à revenir dans l'autre sens. Des petites choses comme ça, pouvoir passer du temps pour déjeuner avec ma fille avant de l'amener à la garderie et revenir et être en ligne à 8 h 30. Pouvoir ne pas avoir à gérer le stress de la circulation. Si je veux un café, je vais à ma machine Nespresso, je n'ai pas à marcher de longues distances pour me rendre au Tim Hortons ou, peu importe, le Bridgehead. Mais je crois que ce sont ces petites choses aussi que les gens ne prennent pas en considération. Je veux juste revenir en arrière un peu parce que j'aimerais partager une petite anecdote.

Il y a quelques mois, j'ai participé à une entrevue pour une équipe. C'était une équipe qui travaillait sur un projet très novateur. Mais c'était un jeune gestionnaire, il était un nouveau gestionnaire. Et j'ai demandé s'il était possible de faire du télétravail, et ils m'ont dit « non ». Ils ont répondu que, malheureusement, ils ne pouvaient me le promettre avec certitude que je pourrais faire du télétravail ne serait-ce qu'un jour par semaine, ce qui m'a un peu jeté par terre. Mais, sur le coup, j'ai réalisé que ce qui émanait de cette personne était un fort niveau d'incertitude. Ils n'avaient simplement pas la confiance nécessaire pour pouvoir gérer cette situation. Pour eux, c'était trop d'incertitude parce que la personne était encore trop nouvelle à ce poste.

Voilà une chose, et une autre chose dont je voulais vous parler, et je vais vous poser des questions à ce sujet. Tout récemment, j'avais une conversation à ce sujet avec un cadre supérieur. Et voici un des points que j'ai soulevés : qu'en est-il de ces conversations qui sont importantes pour cette personne une fois que vous avez éteint le WebEx? Vous savez, vous discutez, d'autres sont partis, les personnes qui n'y étaient pas et, vous savez, nous avons des discussions importantes. Vous savez, les choses qui se transmettent d'une personne à une autre. C'est un autre point que l'autre, que le jeune gestionnaire a soulevé pour me dire que leur directeur valorise vraiment les discussions « sans contraintes », pouvoir vous joindre et tenir une conversation sur le dossier. Alors je vous demande, qu'en pensez-vous? C'est l'une des raisons avancées par les gens. Est-elle valide? Ou ne l'est-elle pas?

SIMON 
Alors, oui, tu as parlé de tant de belles choses. Commençons par la question des enfants. Récemment, j'ai lu quelque chose sur Facebook. À partir du jour où on a des enfants, on a environ 18 étés à passer avec eux. Dix-huit. Ma fille a 11 ans, mon fils en a 9. Il m'en reste donc environ 8 ou 9 peut-être. Puis, ils grandissent et font autre chose. C'est le premier point. Le temps est donc très précieux, vous voyez. Tu parlais du temps à la maison, mais le fait de pouvoir cuisiner des repas au dîner, prendre une pause de deux minutes, mettre quelque chose au four pour avoir un superbe plat à mettre sur la table une fois que tu fermes ton ordinateur et que tu raccroches. Pas uniquement la chose que tu peux préparer le plus rapidement possible parce que tu dois ensuite les conduire à leur sport, et que tu as quitté le bureau à 17 h, et que tu es arrivé à 18 h à la garderie. Et vous savez, les cours commencent à 18 h 30 ou 19 h, alors, allez, allez, allez, vite, vite, vite. Donc, je suis d'accord, entièrement d'accord sur ce point.

Pour ce qui est des gestionnaires qui ne sont pas à l'aise avec le télétravail, j'ai embauché un gestionnaire. Lorsqu'il est arrivé, il a dit qu'il n'aimait pas le télétravail, qu'il n'était pas à l'aise d'en faire.
Je lui ai dit : « bien, c'est ton choix. Je respecte cela tout à fait. Mais je te dis, tous tes employés, je leur ai dit qu'ils pouvaient faire du télétravail ou travailler à distance ou être mobiles, et ils sont tous assignés au milieu de travail basé sur les activités. Les places ne sont donc pas assignées. Alors, bonne chance pour les trouver si tu n'utilises pas les outils. »

Alors il a commencé à travailler, il arrivait au bureau le lundi matin à 8 h 30, pile à l'heure. Il était connecté et peu importe ce qui arrivait, il partait le vendredi à 17 h 30. Puis il a dit : « je vais l'essayer. »

- « Que vas-tu essayer? »

- « Je vais essayer de travailler de la maison une journée. » Ensuite je le vois, il est en ligne sur vidéo. Il est assis dans sa cuisine, sur un banc au comptoir. « Alors, tu aimes ça? »

- « Bien, ce n'est pas aussi confortable que je le pensais. »

- « D'abord, débarrasse-toi du banc, achète-toi une chaise, installe-toi. »

Alors, nous avons discuté avec notre administrateur du groupe et il s'est installé. Avant-hier, il disait à quelqu'un : « avant de rencontrer Simon, jamais je n'aurais fait de télétravail. Jamais je n'aurais travaillé de la maison. J'étais anxieux à l'idée de travailler de la maison parce que je croyais que les conversations près de la fontaine, les réunions, le langage corporel, toutes ces choses qui sont si importantes à la vie de bureau, tout ça allait me manquer. » Et maintenant, il dit : « aujourd'hui, les jours où je dois aller au bureau, je suis anxieux parce que je sais que le matin, je vais être pressé. Je vais mettre de la pression sur mes enfants. Je sais que je vais devoir me rendre au bureau, je sais que je ne serai pas aussi productif. Je sais que je vais me faire déranger. Et je sais que je serai pressé de repartir. Je sais que je vais encore mettre de la pression sur mes enfants à la maison. Et je sais que je ne vais pas bien manger et tout ça. »

Mais il a essayé, à son rythme et avec de l'aide. Petit à petit, étape par étape. Puis, il est devenu bien formé sur la manière de gérer ses propres employés en télétravail, il était content.

Et puis, la dernière partie de tes très bons commentaires que tu as fait, qu'en est-il des conversations d'après la réunion? Les conversations près de la fontaine, les conversations impromptues? Donc, mon équipe est entièrement mobile. Très rarement aurons-nous une réunion avec plus de deux ou trois employés dans la même pièce. Très rarement. La probabilité que cela se produise est très faible. Mais, qu'en est-il des autres réunions? Bien, c'est là que l'on en vient à la connaissance de meilleures méthodes de gestion. Si vous commencez à devenir de plus en plus mobile au travail, à faire du télétravail et tout le reste, dès qu'un employé le fait, vous devriez soutenir tous les autres qui voudront le faire. Voici pourquoi.

C'est la même chose que si vous aviez un employé dans un autre immeuble, un seul. Parce que vous êtes le type de gestionnaire qui, vous savez, qui au début de la journée, fait sa tournée pour dire bonjour, ou qui tient une réunion, mais quelqu'un se trouve à une autre réunion, qu'est-ce qui arrive? Il manque la réunion. Et qu'en est-il si vous êtes un gestionnaire qui aime jaser avec ses employés? C'est là que ça devient une formation sur la connaissance. Et je sais que l'École de la fonction publique du Canada instaure lentement des formations à l'intention des gestionnaires sur la gestion des travailleurs mobiles et la gestion du télétravail, une superbe initiative. Mais les problèmes peuvent être surmontés. Ce n'est qu'une question de crédibilité, et la charge revient à l'employé qui est mobile. Puisqu'il y a beaucoup de réunions et de sujets qui, vous savez, si vous n'en parlez pas à Simon, vous devez être prudent. Cela n'arrivera pas s'il n'est pas au courant, et si vous vous présentez à la réunion et que vous le surprenez, il ne sera pas très content. Alors, pourquoi ne l'appelez-vous pas pour lui dire que vous avez discuté et lui faire un petit compte rendu. « D'accord, super. C'est tout ce dont j'ai besoin. » Et c'est la même chose avec tout le monde dans mon équipe. Nous avons des mandats clairs dans notre organisme. Et ces mandats clairs, si vous discutez de quelque chose en rapport à notre mandat, nous nous assurerons que tous en soient informés. Et les gens nous connaissent et ils savent qu'ils peuvent nous joindre plus rapidement qu'en se rendant à notre bureau. Envoyez simplement un message SMS, un texto, peu importe.

NATALIE 
Je crois que tu touches un point essentiel ici, cela ne se fait pas par courriel. Le fait de répondre au téléphone, le travail mobile... nous avons, toute mon équipe, tout le monde a de la mobilité. Et je leur parle au téléphone plus que je n'ai parlé à quiconque au téléphone en 10 ans.

SIMON 
Et je vais essayer une autre chose, et je n'ai aucune idée de ce que ça va donner ni où ça me mènera. J'ai rencontré quelques personnes vraiment brillantes d'Horizons de politiques. Si vous voulez rencontrer et voir une organisation qui est vraiment mobile, très bien organisée sur ce point, allez les voir. Ils ont du plaisir à le faire. Alors, quand on se rencontre, j'achète des technologies semblables à celles qu'ils utilisent. Par exemple, nous avons des systèmes de projecteurs ou de vidéoconférence comme ce que je vois dans cette salle. La bonne vieille grosse télévision et les caméras et des microphones de mauvaise qualité dans lesquels vous entendez les papiers bouger sur la table. De toute façon, c'est ce que nous pouvons nous payer d'habitude. Là-bas, ils m'ont montré la nouvelle technologie. C'est un projecteur avec lequel on peut interagir sur le mur pendant la projection, mais les gens peuvent interagir de partout au pays sur le même travail que vous êtes en train de faire. Alors, un paquet de monde travaille sur une présentation au Conseil du Trésor ou un mémoire au Cabinet à partir de différents ministères, ils peuvent tous travailler sur le même document tandis que des personnes dans la salle de conférence font de même. Donc ça, c'est de la technologie interactive. D'accord, c'est vraiment bien. Mais ça, nous allons l'essayer en faisant une démonstration de faisabilité, mais ça fonctionne très bien à Horizons de politiques. Mais, une chose que j'ai achetée pour laquelle je reste sceptique, mais je fais confiance à mes collègues. Alors, nous essayons cette technologie, ce sont des robots.

NATALIE 
Oh, j'en ai commandé aussi pour notre équipe. La téléprésence.

SIMON 
Les petits robots de téléprésence Segway. Ils m'ont dit : « Simon, nous étions encore plus sceptiques que toi à ce sujet. Mais ces robots sont en train de changer notre manière de faire du télétravail. Et nous visitons leurs bureaux et à un moment donné, deux robots entrent en collision, ou du moins ils semblent le faire. » 

VALERIA 
Ils étaient en train de se faire une accolade et se dire bonjour.

SIMON 
Bien, au début, il fallait passer par toute la gamme de problèmes possibles. Défaillance du réseau, mauvais pilote, et j'en passe. Alors, nous avons passé à travers tous ces problèmes, et le gars nous regarde et il dit : « non, ce sont là les conversations imprévues dont vous parliez qui sont si importantes. » Voilà. Et ils étaient face à face et discutaient entre eux. Et voilà. Nous étions estomaqués. Et donc, nous essayons cette technologie. Mais tous ceux à qui j'en parle, mis à part vous deux, me regarde en disant : « tu as acheté quoi? Pour faire quoi? Simon, c'est un jouet avec lequel Todd et toi allez faire la course dans les bureaux. » Bon, d'accord, il y a de fortes chances que j'essaie, de très bonnes chances. Mais cela dit, cela semble être une technologie que nous n'avons pas suffisamment utilisée. Et nous avons des points de service pour tous nos ministères. Mais vous savez, d'habitude, nous obligeons les gens à se présenter, à être sur place. Eh bien, devinez quoi? Est-ce le futur? Lorsque vous pensez qu'un employé de Services Canada pourrait travailler à distance à partir de l'une des réserves, ce serait super non?

NATALIE 
Oui. Bien que ce serait décevant si la prochaine fois que je dois me rendre à une conférence plaisante et passionnante, mon patron me demande d'envoyer mon robot de téléprésence.

SIMON 
D'accord, il y a quelques désavantages. C'est vrai, c'est vrai. Ces choses-là s'en viennent. Nous allons faire des démonstrations de faisabilité pour celles-là, c'est certain.

VALERIA 
Et en fait, ils ne sont pas si dispendieux. Combien, le savez-vous?

SIMON 
Ils coûtent quelque chose comme de 2 000 $ à 3 000 $. Alors, si vous regardez un système de téléconférence ou de vidéoconférence dans une salle de conférence, on parle plutôt de 15 000 $, en plus de l'installation. Où je travaille, nous avons un magnifique édifice et de nombreux étages dans cet édifice. Et il y a trois salles de conférence équipées de vidéoconférence. Pour l'une d'elles, seul un adjoint administratif est assez brillant pour faire fonctionner le système de vidéoconférence. C'est l'un de ces systèmes.

NATALIE 
Nous avons tous de l'équipement et des salles du genre, où l'on entend : « oh, mon Dieu, quelqu'un peut-il faire un appel? » Il y a 20 personnes dans la pièce et personne ne sait comment ça fonctionne. C'est terrible.

SIMON 
Mais, pensez-y. Vous pouvez avoir presque 10 personnes avec ces petits robots qui se promènent autour avant d'avoir à installer un système de conférence dans une salle de conférence.

NATALIE 
Je m'imagine simplement en train de marcher dans le couloir avec tous ces robots qui me parlent. C'est génial. J'ai hâte.

SIMON 
Mais vous savez quoi? À Horizons de politiques, ils ont dit qu'on ne comprend pas à quel point les gens aiment ces robots. Tout d'abord, nous n'en avons pas assez. Je pense qu'ils en ont seulement 6. Mais leur nombre augmente. Et puis, à l'Halloween, ils les déguisent. À Noël, ils les déguisent. Je vous le dis, ces robots, ils ont même des noms. L'un d'eux s'appelle Suzie.

NATALIE 
Un autre s'appelle Polly, et je me suis disputée avec Polly une fois, mais peu importe.

VALERIA 
Je sens que je serais dangereuse aux commandes de l'un de ces robots. J'aborderais les gens par derrière en disant : « qu'est-ce que tu fais de bon? ».

SIMON 
Je vais l'essayer celle-là, certain.

NATALIE 
Je ne vous mentirai pas. Lorsque nous aurons nos robots de téléprésence, je vais en emprunter un pour une journée, c'est certain.

SIMON 
La chose la plus drôle de mon milieu de travail est que la haute direction a vraiment hâte de les essayer. Je crois que notre SMA est l'enfant le plus excité à l'idée d'essayer ces robots et nous avons hâte de les recevoir.

VALERIA 
Et alors, comment allez-vous partager ces leçons, je suppose, ces leçons apprises? Ou qu'allez-vous partager de ce que vous avez vécu?

SIMON 
Je fais beaucoup de mentorat. Donc, c'est incroyable. J'avais l'habitude de faire du mentorat pour des gens qui sont un peu comme ma femme et moi. Nous étions considérés comme des fonceurs ayant de belles carrières. Je suis devenu directeur quand j'avais 26, 27, 28 ans. Je ne sais pas. Et puis, au niveau EX 3, j'avais 37 ou 38 ans. Alors vous savez, comment? Quelle belle carrière, d'accord, mais j'ai travaillé fort pour y arriver. Mais maintenant que j'ai pris du recul et que je profite de la vie, croyez-moi, les gens se demandent, comment trouves-tu le temps de faire ça? Je finis de travailler, et je peux prendre mon souper, aller au gymnase, revenir et aller à la pêche, tout ça le même soir. Essayez ça à la maison. Et mon garçon pourrait avoir une pratique de soccer ou quelque chose d'autre et ma fille pratique d'autres sports aussi. Alors, quand vous essayez de tout mettre ça en place, quand j'ai pris du recul, c'était un peu un choc parce que ma femme est DG. Qu'est-ce qu'ils font ces jeunes-là? Ils sont fous. Mais quand j'ai commencé à tenir ces forums et vous savez, quand je me suis impliqué différemment dans diverses communautés maintenant et que je suis sorti de celles que je connaissais pour essayer autre chose, j'ai commencé à recevoir ces demandes de mentorat de personnes qui ne savaient pas quoi faire s'ils ne voulaient pas monter. Parce que, d'accord, ne me laissez pas vous dire tout ce que je pense des plans de gestion des talents. Et de la gestion du rendement...

NATALIE 
Nous serions ici jusqu'à demain.

VALERIA 
C'est une autre émission tout le monde.

SIMON 
Nous soutenons toujours tous ces trucs EGR inutiles.

TODD 
Prions, prions.

NATALIE 
C'est la diatribe que je préfère, c'est tout.

VALERIA 
Je veux simplement dire que tous les deux grouillent sur leurs sièges et que ce sujet les emporte vraiment.

SIMON 
La partie la plus drôle, c'est que tous ceux à qui vous parlez, jusqu'aux niveaux les plus élevés, sont d'accord, mais personne ne fait rien à ce sujet. Je ne sais pas pourquoi. Mais, peu importe, cela dit, quand vous vous démarquez aujourd'hui, de ceux-là, nous gérons les talents d'habitude. Sur quoi sont fondées les discussions sur le talent? Les compétences et la capacité à obtenir une promotion. Ce sont les deux principaux axes que les gens regardent. Pourquoi? Parce que je sais que Todd est ce genre de gars, hyper intelligent, aimable, qui livre la marchandise. Et il occupe ce poste depuis, quoi, un an et demi, deux ans. Oh, il est prêt pour une promotion.

TODD 
Hmm...

SIMON 
Alors...

VALERIA 
C'est une drôle de réponse.

TODD 
Je ne peux pas saliver à la radio. Bon. Allez-y. Continuez.

SIMON 
Eh bien, d'habitude, il y a de plus en plus de facteurs mis de l'avant qui entrent dans ces conversations. Mais vraiment, on aborde le sujet de deux points de vue. À cause des organisations, du roulement et tout le reste, et des départs à la retraite. Alors bien sûr, nous sommes dans une course pour nous assurer d'avoir les bonnes personnes au bon moment, et qu'elles occupent le bon poste. Et alors, nous demandons : « as-tu besoin d'accomplir une tâche supplémentaire pour développer plus de compétences, parce qu'on te perçoit comme le "futur quelque chose" ». Qu'arrive-t-il quand vous n'êtes pas intéressé? Qu'arrive-t-il quand vous dites : « bien, merci, j'apprécie le compliment, mais je ne veux pas le poste de mon gestionnaire. » Ou encore, « je ne veux certainement pas le poste de mon directeur, parce que j'ai vu le gestionnaire travailler de longues heures et que le directeur travaille encore plus. Et je vois très rarement un directeur général qui ne doit pas travailler quelques heures la fin de semaine pour rattraper le temps perdu et garder la tête hors de l'eau. » Et quand vous n'avez pas envie de vivre ça, vous devenez quelqu'un d'anormal. Vous devenez cette superbe personne, nous allons juste te laisser où tu es.

Ne laissez pas cette personne-là où elle est, continuez à investir, à développer, continuez à l'envoyer à des conférences et tout le reste. Alors, ces gens commencent à m'appeler et à appeler ma femme en demandant : « comment avez-vous fait? ». Qu'est-ce que je fais? Tenez, cette excellente personne à qui je parlais l'autre jour, elle est jeune, intelligente, engagée, elle va se marier, elle pense avoir des enfants et son mari est un jeune homme intelligent. Et ils sont tous les deux en train de grimper les échelons. Et ils se demandent : « et si nous avons des enfants? Qu'arrivera-t-il avec ci? Qu'arrivera-t-il avec ça? » Alors, à la dernière séance de mentorat, je lui ai demandé pourquoi elle n'amènerait pas son mari. Et alors j'ai su qu'ils parlaient, qu'ils invitaient des amis à la maison et qu'ils parlaient des séances de mentorat et de ce que j'aurais dit, mais ce n'est que mon humble opinion. Je ne suis pas un très bon mentor, je suis plus un coach. Je pose des questions. J'ai toujours trouvé honorable le fait qu'Usain Bolt ait un coach. Et si le coach était meilleur qu'Usain Bolt, il pratiquerait la course. Donc, si vous faites du mentorat avec les uns ou que vous êtes le coach des autres, gardez cela en tête. Alors, je pose beaucoup de questions. Mais, alors, j'ai réalisé que ce n'était encore que mon point de vue et mes questions. Alors, j'ai demandé à Jen, ma femme, si elle acceptait de participer et c'est ce qu'elle a fait. Et la dernière chose que l'on a apprise, c'est qu'il y avait maintenant 8 personnes impliquées puisqu'elle avait aussi invité des amis. C'est juste fantastique de voir ces changements se produire et ces gens qui viennent poser des questions.

Alors, peu importe, assez parlé des EGR. Mais en ce qui concerne la gestion des talents et le mentorat et ce que cela apporte et comment nous formulons nos conseils. Nous faisons ceci, nous faisons ces balados. Beaucoup de personnes me demandent d'aller vers leurs équipes de gestion. J'en parle, je parle de la mobilité, je démystifie, j'écoute les gens qui parlent de ce sujet, mais Simon, nous rencontrons des clients. Oh, sacrilège! Vous ne voulez certainement pas les rencontrer par vidéoconférence. Vous voulez être en tête à tête et les déstabiliser, vous voulez qu'ils viennent vous voir et qu'ils marchent ou vous devez aller les voir et marcher et tout le reste et rendre le tout inefficace. Alors, nous en discutons. Mais je crois que la meilleure partie que nous faisons c'est, je suis tellement fier de mon équipe. Mon équipe est tellement dérangeante, tellement présente et mobile. Je ne sais pas, même mon adjointe administrative, les gens n'auraient jamais cru qu'elle aurait été en mesure de faire du télétravail. Une adjointe administrative... elle doit être au bureau. Elle fait du télétravail au moins 3 ou 4 jours par semaine. Et elle aide tous les autres adjoints administratifs à faire leur travail. Alors, je suis juste fier de mon équipe à tous les niveaux, tout le monde contribue. Et cela amène une crédibilité en béton au fait que cela fonctionne. Alors, espérons que je n'aurai pas à faire de balados comme celui-ci de sitôt parce que cela fera partie de la vie de tous les jours.

NATALIE 
Exactement. Merci beaucoup, Simon. C'était une conversation très, très enrichissante et j'ai hâte à la prochaine.

VALERIA 
Merci beaucoup. Continuez à partager la nouvelle, continuez votre beau travail.

SIMON 
Merci. Je l'apprécie.

 

Todd Lyons
Producteur
École de la fonction publique du Canada

Valeria Sosa
Gestionnaire de projet, Sensibilisation et engagement
Ressources naturelles Canada

Natalie Crandall
Chargée de projet, Renseignements d'affaires sur les ressources humaines
École de la fonction publique du Canada

Simon Gascon
Directeur de la recherche en informatique 
Emploi et Développement social Canada


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